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L’ALENA, 18 ans de réussite pour les économies nord-américaines

 

Après l’ASEAN et le MERCOSUR, l’ALENA : entré en vigueur le 1er janvier 1994, l’Accord de libre-échange nord-américain fait aujourd’hui partie des zones régionales les plus influentes au monde, une zone régionale sans laquelle ni le Mexique, ni le Canada ni même les États-Unis ne seraient devenus ce qu’ils sont aujourd’hui.

A côté des entreprises nord-américaines, de nombreux autres acteurs profitèrent également de la mise en place de ce nouvel accord ; ainsi Jim Owens, président-directeur de Caterpillar déclarera-t-il quelques années après : « Malgré toute la rhétorique politicienne, l’ALENA nous met dans une situation où tout le monde en sort gagnant. Il a profité aux économies respectives des trois pays, aux entreprises comme Caterpillar et aux travailleurs américains, mexicains et canadiens »

Signé le 17 décembre 1992 entre les représentants des trois pays, à savoir George Herbert Walker Bush pour les États-Unis, Carlos Salinas de Gortari pour le Mexique et Brian Mulroney, quant à lui Premier ministre canadien, l’ALENA est en réalité l’extension d’un traité déjà mis en place entre le Canada et les États-Unis : désigné sous le terme d’ALE – Accord de libre-échange canado-américain –, ce traité ne concernait alors que le libre-échange de biens et de services entre les deux parties, dans un contexte alors grandissant de libéralisation des échanges internationaux ; avec l’ALENA, le dit traité est étendu à un troisième pays, le Mexique, avec une redirection d’un certain nombre de principes régisseurs de l’ALE : réponse à la signature du traité de Maastricht du 7 février 1992, l’objectif affiché de l’Accord de libre-échange nord-américain est alors de créer un vaste Marché commun à l’intérieur de la zone, par la suppression progressive des différents obstacles entravant le libre-échange de biens et de services entre les trois pays, sans pour autant viser, comme ce fut le cas pour l’Union Européenne la mise en place d’une vaste entité supranationale : l’élimination des barrières douanières, tant tarifaires que non-tarifaires d’ailleurs est alors de mise, tout comme l’harmonisation des règles et des procédures en matière économique et commerciale, de manière là-encore à favoriser l’expansion des échanges et des investissements à l’intérieur de la zone : le 1er janvier 2008, la zone de libre-échange est effective, la totalité des derniers droits de douane appliqués dans le cadre de l’ALENA ayant été supprimés.

Et aujourd’hui, force est de constater que la mise en place de ce nouvel accord en Amérique du Nord a plutôt bien réussi :

Peu après son entrée en vigueur le 1er janvier 1994, les échanges explosèrent entre les trois pays, et la croissance marqua son grand retour en Amérique du Nord, après plusieurs années de ralentissement économique conséquent ; de nombreux emplois se créent, les salaires et les différents revenus augmentent, l’accès des entreprises nord-américaines aux matières, à la technologie et aux capitaux d’investissement est désormais facilité.

En à peine 18 ans, ainsi les échanges commerciaux entre les différents partenaires de l’ALENA auront-ils plus que triplé, avec un sommet atteint en 2008 de 946,1 milliards de dollars à l’année, et des échanges quotidiens de marchandises s’élevant à plus de 2,6 milliards de dollars. La taille de l’économie nord-américaine, estimée par addition du PIB des trois entités à 7600 milliards de dollars en 1993 profitera également de cette construction considérable, avec plus de 17 000 milliards de dollars de PIB à l’heure actuelle. Bien plus qu’une avancée pour l’ensemble de l’économie nord-américaine, l’ALENA aura donc surtout été, la démonstration des bienfaits de la libéralisation des échanges.

About Boris HERTZOG

Boris HERTZOG est étudiant à Grenoble École de Management et rédacteur au sein de l’association Les Yeux du Monde depuis juin 2011.

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