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Les guerres indo-pakistanaises – Kargil et la confrontation de 2001 (5/6)

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La guerre d’indépendance du Bangladesh reste la dernière situation de guerre entre le Pakistan et l’Inde. Depuis 1999, les deux pays continuent de s’affronter aux cours d’épisodes qui ne permettent pas de parler à proprement de guerres, mais plutôt de crises ou de conflits comme lors du conflit de Kargil et la confrontation de 2001.

Le conflit de Kargil

Soldats indiens avant l'assaut du point 4700 lors du conflit de Kargil.
Photo de soldats indiens prise sur le front lors du conflit de Kargil. © Wikimedia Commons.

En février 1999, trente-quatre ans après l’opération Gibraltar, l’armée pakistanaise envoie en secret des troupes d’élite et des paramilitaires infiltrer des positions situées en Cachemire indien, sur les hauteurs de la ville de Kargil. Les hauteurs sur lesquelles se positionnent les troupes pakistanaises masquent ces dernières, jusqu’au 3 mai 1999 où des bergers reportent au commandement militaire indien local la présence d’hommes armés sur les sommets.

Des patrouilles sont dépêchées sur place, et le 5 mai, six soldats indiens sont capturés par les forces pakistanaises. L’état-major en est averti, mais sous-estime l’ampleur de cette invasion. Ce n’est que le 18 mai, après des retours d’éclaireurs qui rapportent que les forces infiltrées occupent une grande partie de la Ligne de Contrôle sous autorité indienne, que l’Inde se décide à mobiliser 200 000 soldats pour reprendre possession de ses hauteurs.

Les combats se concentrent principalement autour de la ville de Kargil, dans un environnement de haute montagne (4000 à 5000 mètres), où les températures descendent la nuit jusqu’à – 25 degrés. L’opération Vijay lancée par l’Inde le 26 mai permet de reprendre progressivement possession des sommets, et le 4 juillet 1999, à l’issu d’une rencontre avec le président américain Bill Clinton, le président pakistanais Nawaz Sharif ordonne à ses troupes de se retirer. Au 26 juillet, l’Inde considère avoir repris l’ensemble des montagnes disputées lors du conflit. Environ 500 indiens perdent la vie au cours des affrontements, contre 400 à 4000 du côté pakistanais

La confrontation de 2001

Le 1 octobre 2001, une attaque terroriste frappe l’assemblée législative du Jammu-et-Cachemire, faisant 38 victimes. Le 13 décembre 2001, à New Delhi, le Parlement de l’Inde est à son tour la cible d’une attaque qui coûte la vie à sept personnes. L’Inde charge les services secrets pakistanais qu’elle accuse de servir d’appui aux groupes islamiques Lashkar-e-Taiba et Jaish-e-Mohammed auxquels appartiennent les terroristes.

Malgré la pression internationale lui demandant de faire preuve de retenue, l’Inde fait le choix le 20 décembre 2001 de déployer 500 000 soldats le long de la frontière avec le Pakistan, qui en réponse, ordonne le déploiement de plus de 300 000 soldats. Aucune armée terrestre ne reçoit l’ordre de marcher à l’ennemi, mais les artilleries des deux belligérants bombardent chacune le camp adverse. Le 8 janvier 2002, dans une volonté d’apaisement, le président pakistanais condamne pour la première fois l’attaque au Parlement indien et promet de bannir les groupes terroristes situés au Pakistan et qui opèrent en Inde. Suite à ces déclarations, l’Inde annule son offensive prévue pour le 14 janvier.

La situation se tend à nouveau en mai lorsqu’une attaque terroriste contre la base militaire indienne de Kaluchak tue 34 personnes, en grande partie des épouses et enfants de soldats. New Delhi reproche alors au Pakistan de ne pas avoir respecté sa parole, et tous deux menacent d’employer l’arme nucléaire si le conflit venait à dégénérer en affrontement direct comme lors de la guerre de 1947, 1965 ou 1971

Résolution de la confrontation

Les conséquences que pourrait engendrer une guerre nucléaire entre les deux anciennes colonies britanniques poussent la communauté internationale, notamment les États-Unis, la Russie, le Japon, la Grande-Bretagne et la France, à faire pression sur les deux belligérants afin de trouver une issue à la confrontation.

Le 6 juin 2002, le secrétaire d’État adjoint des États-Unis, Richard Armitage, se rend au Pakistan, et obtient du président Pervez Musharraf l’assurance que celui-ci mettrait en œuvre des mesures visant à arrêter la circulation de terroristes de part et d’autre de la frontière avec l’Inde. Il ajoute que l’avenir du Cachemire ne peut se résoudre que par le dialogue.

Les mois suivants, et malgré quelques bombardements aériens, l’Inde et le Pakistan commencent à démobiliser leurs troupes avant que les deux pays ne signent un cessez-le-feu en novembre 2003. 

Cette confrontation aura coûté la vie à plus de 700 militaires indiens tandis que les pertes pakistanaises n’ont pas été divulguées.

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