La lente agonie de la Syrie

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Le 20 Août dernier, Barack Obama déclarait au monde entier que l’utilisation d’armes chimiques par Bachar Al-Assad dans le conflit syrien constituerait une « ligne rouge » qui déclencherait une intervention armée des troupes occidentales, probablement sous mandat de l’OTAN. Ces derniers jours, les services de renseignement israélien mais aussi français et britannique ont tous rapportés que de telles armes avaient été utilisées mais Mr Obama semble toujours aussi réticent à l’idée d’envoyer de nouvelles troupes en dehors des Etats-Unis.

Entre jeudi et aujourd’hui, plusieurs rapports de services de renseignement différents sont tombés, chacun d’entre eux parvenant au même constat : des armes chimiques ont été effectivement utilisées en Syrie par les troupes du président Assad sur les opposants au régime. Si la CIA est plus mesurée dans ses propos étant donné son précédent irakien et sa déclaration à propos d’armes de destruction massive, qui s’est révélée par la suite être entièrement erronée, l’information a fait le tour du monde et celui-ci est suspendu aux lèvres de Barack Obama pour savoir ce que décidera la maison blanche. Ces rapports issus de pays alliés mettent Mr Obama et son staff dans l’embarras puisqu’ils peuvent difficilement se contenter d’être spectateurs de ce conflit sans fin qui précipite la Syrie vers une douloureuse agonie alors même qu’ils ne souhaitent toujours pas s’engager véritablement dans ce conflit.

Mais que penser de l’inaction délirante des Etats-Unis et de leurs alliés sinon qu’ils préfèrent attendre, naïvement, que la situation se stabilise d’elle-même, leur ôtant ainsi une véritable épine du pied ? S’il est compréhensible que Barack Obama cherche à avoir des preuves irréfutables de ce qui est avancé dans les différents rapports avant de lancer une opération à grande échelle, il est en revanche intolérable de repousser encore et toujours une intervention depuis longtemps nécessaire.

La hantise des occidentaux est que le départ de Mr Assad laisse le champ libre aux islamistes de tout bord, notamment à ceux du Hezbollah libanais, ou encore que les prochains dirigeants syriens fasse serment d’allégeance à un Iran qui deviendra probablement beaucoup plus conservateur après le départ de Mr Ahmadinejad. Toutefois, le fait de ne rien faire est précisément ce qui va éloigner les successeurs d’Assad à la tête du régime syrien de l’influence occidentale. Croit-on vraiment que les syriens vont avoir la mémoire courte ? Qu’ils oublieront que les occidentaux auront attendu plus de deux ans avant d’intervenir dans le conflit ? Et que, malgré les différents rapports faisant état de l’utilisation d’armes chimiques par les forces dictatoriales, Mr Obama tergiverse encore à apporter un véritable soutien qui mettrait fin très rapidement au règne de terreur de Mr Assad ?

A force de débattre si, oui ou non, Mr Assad a utilisé du gaz Sarin à l’encontre des rebelles, il faudra attendre sa première utilisation à grande échelle pour voir une action se décider.

Alors que le conflit s’éternise, les rebelles étant minés par des querelles intestines qui les empêchent de réaliser des avancées significatives ainsi que par un manque cruel d’équipement militaire, tant dans les communications que dans l’armement, les pertes humaines vont en s’accroissant et il est plus urgent que jamais d’intervenir puisqu’Assad se met à utiliser des armes chimiques. Parce que des armes chimiques feront des dégâts à une échelle plus dévastatrice encore que des machettes, il faut agir afin d’empêcher un véritable génocide d’avoir lieu. Maintenant.

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