Un été sur le continent africain 2/2: diplomatie française et lutte contre le terrorisme

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Pendant l’été, plusieurs évènements sécuritaires ont affecté le continent africain. Sur le plan politique, le président français Emmanuel Macron, a effectué une tournée diplomatique dans un contexte tendu. D’une part, une vague anti-français se propage sur le continent. De l’autre, le terrorisme continue de faire de nombreuses victimes.

Visite officielle du président Emmanuel Macron en Afrique de l’Ouest

Diplomatie en Afrique et terrorisme
Drapeau du Cameroun

Du 25 au 28 juillet 2022, le président Emmanuel Macron a participé à la première tournée diplomatique de son second mandat en se rendant successivement au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau. Cette visite a lieu dans le cadre du retrait de la force Barkhane du Mali. A cela s’ajoute le contexte plus large d’hostilité à l’égard de la présence française en Afrique.

Gouverné depuis 40 ans par le même dirigeant, Paul Biya (89 ans), le Cameroun est un pays déchiré par une guerre civile dans les régions anglophones (nord-ouest) ayant fait près de 3 500 morts et plus de 700 000 déplacés internes. Le pays n’en demeure pas moins un partenaire stratégique pour la France sur le plan économique (membre de la zone CFA), mais aussi de la lutte antiterroriste, compte tenu de la menace Boko Haram au nord. La question de l’expansion terroriste au nord des pays du littoral ouest-africain est au cœur de la deuxième phase du voyage présidentiel.

Frontalier avec le Burkina-Faso, le Bénin est la cible d’attaques djihadistes dans la région forestière du nord-est depuis la fin de l’année 2021. Une situation que la France ne souhaite pas voir se généraliser à l’ensemble du territoire national. La tournée présidentielle s’achève en compagnie du président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embalo, nommé président de la CÉDÉAO en juillet dernier. L’instabilité et la pauvreté ont favorisé l’implantation de narcotrafiquants dans ce pays. Le pays est une véritable plaque tournante du trafic de drogue en provenance d’Amérique latine vers l’Europe. Par ailleurs, il est la porte d’entrée sur le marché intérieur africain.

La fin de l’opération anti-terroriste Barkhane au Mali

Le 15 août 2022, à 13h00, le dernier détachement de l’opération Barkhane a quitté le Mali pour rejoindre le Niger. Les six bases du Mali – Kidal, Tessalit, Tombouctou, Gossi, Ménaka puis Gao – ont été remises aux mains des Forces armées maliennes.

Le retrait a été un véritable défi logistique pour les forces françaises. En moins de 6 mois, elles ont rapatrié en France et vers le Niger voisin plus de 5000 conteneurs de matériel. La force Barkhane a ainsi procédé à sa ré-articulation tout en continuant à lutter contre les groupes djihadistes. Le 13 août, le groupement tactique « Montclar » chargé de sécuriser le dernier détachement vers le Niger, a déjoué une attaque djihadiste sur l’axe Gao-Niamey.

Ce retrait survient dans le contexte d’une ingérence russe grandissante, avec l’arrivée dès décembre 2021 des mercenaires Wagner aux côtés des Forces Armées Maliennes (FAMa). Ces derniers avaient déjà investi l’emprise de Gossi en avril, après avoir tenté de mettre en scène des charniers incriminant Barkhane dans le cadre d’une campagne de désinformation rapidement contrée par l’État-major des Armées (EMA).

Attaque terroriste meurtrière en Somalie

Diplomatie en Afrique et terrorisme
Vue de Mogadiscio après une attaque des Al-Shabaab en 2012

Le 19 aout 2022, le groupe terroriste Al-Shabaab, a lancé un assaut sur l’hôtel Hayat, dans la capitale somalienne Mogadiscio. Le siège a duré 30 heures et couté la vie à 21 civils. Il y a eu 117 personnes blessées. Il s’agit de l’attaque la plus sanglante depuis l’élection du président Hassan Sheikh Mohamoud en mai 2022.

L’attaque a commencé avec l’explosion de deux voitures piégées. Des terroristes ont ensuite assailli l’hôtel, tuant plusieurs personnes et en retenant d’autres en otage. L’épisode sanglant a pris fin le 21 aout. Les forces de sécurité somaliennes ont annoncés que tous les auteurs de l’attaque avaient été tués.

Quelques jours plus tard, le président somalien a déclaré une « guerre totale » contre Al Shabaab. Il a également annoncé qu’il fera tout son possible pour affaiblir le groupe terroriste. Al-Shabaab est un mouvement lié à Al-Qaïda, actif en Somalie depuis 15 ans. Par rapport à d’autres groupes de la région, ils ont une organisation relativement sophistiquée. Avec un soutien non-négligeable d’une partie de la population, ils s’inscrivent dans une dynamique très locale et sont surtout engagés dans une insurrection contre le gouvernement. Les djihadistes contrôlent une grande partie des zones rurales du centre et du sud du pays.

par Martin HEBERT

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Anastasia Athénaïs Porret

Anastasia-Athénaïs PORRET est doctorante en sociologie et genre à Paris Diderot. Elle s’intéresse particulièrement à la géopolitique du terrorisme, le Moyen Orient, l’Afrique et les enjeux sécuritaires et d’influence.

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