Dix espions russes démasqués aux Etats-Unis : un relent de guerre froide ?

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Quelques jours seulement après la visite de Dmitri Medvedev dans la Silicon Valley, les autorités américaines ont annoncé l’arrestation de dix personnes soupçonnées d’appartenir à un réseau d’espionnage et formées par le service de renseignement extérieur russe. On sait pourtant aujourd’hui que Barack Obama était au courant de cette enquête lorsqu’il a reçu son homologue russe, à qui il n’a pas parlé de cette affaire. Une onzième personne a également été interceptée avant-hier à Chypre. Cela vient couronner une enquête du FBI qui aura duré plus de dix ans.

L’objectif de ces espions était d’infiltrer la sphère politique américaine afin d’obtenir de précieux renseignements. A l’heure actuelle cependant, le FBI n’a pas prouvé que des informations aient été transmises par ce réseau d’espions. Mais cette affaire, qui survient peu après la visite de Medvedev et à un moment où les relations entre les deux pays étaient au beau fixe, a évidemment été mal perçue par le pouvoir russe. Le Ministre des Affaires étrangères russe a d’ailleurs indiqué que les informations dévoilées étaient « sans fondement ».  Moscou a par ailleurs affirmé que, si certains membres de ce réseau étaient effectivement russes, ils n’avaient « commis aucun acte dirigé contre les Etats-Unis ».

Washington, de son côté, a annoncé que cette affaire ne minerait pas le redémarrage des relations russo-américaines, commencé il y a plus de 18 ans. Alors que Vladimir Poutine avait vivement attaqué les accusations américaines, le Kremlin a également fini par adopter, hier, un ton plus conciliant dans cette affaire, indiquant ne pas souhaiter voir les relations avec les Etats-Unis se détériorer. En réalité, aucun des deux camps ne souhaitent de rupture et tentent de préserver des relations jusque-là en amélioration. Les enjeux et intérêts qu’ils partagent sont désormais trop importants pour risquer un divorce qui leur nuirait à tous les deux.

Quoiqu’il en soit, cet épisode reflète la méfiance qui règne encore entre les « deux grands » du XXème siècle, méfiance qui apparaît comme un vestige de près d’un demi-siècle de guerre froide. Mais cela ne doit pas empêcher ces deux pays d’approfondir leur coopération, même si les déclarations de bonne volonté n’effaceront pas un passé historique difficile, car nombreuses sont et seront les questions stratégiques sur lesquelles Américains et Russes devront trouver un terrain d’entente.

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