La Maison Blanche confirme le retrait américain d’Irak : l’état-major irakien s’inquiète

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Mercredi, à Washington, Robert Gibbs, secrétaire d’Etat à la Défense, a réaffirmé la volonté des Etats-Unis de mettre fin aux opérations militaires américaines en Irak le 31 août, en indiquant : « Nous sommes dans les temps pour mettre un terme à notre mission de combat ». Il a également fait savoir que le président américain Barack Obama était satisfait des progrès réalisés en vue de passer le relai à l’armée irakienne. Pourtant, début août, Barack Obama s’exprimait ainsi : « Nous ne sommes pas encore au bout des sacrifices américains en Irak ». Car si les troupes de combat seront rappelées (environ 15 000 hommes), 50 000 soldats américains chargés de la formation de l’armée irakienne continueront de stationner jusqu’au terme de l’année 2011. En comparaison, ce sont 150 000 soldats qui opéraient en Irak au début du mandat d’Obama.

Or, l’Irak a fait face ces derniers mois à une résurgence de l’insécurité sur son territoire de façon alarmante, signe que l’armée locale risque de ne pas pouvoir faire face à de telles violences sans l’aide américaine. En effet, les attentats font encore partie du quotidien, notamment à Bagdad, la capitale irakienne. Ainsi, le chef d’état-major irakien Babakir Zebari estime pour sa part que le départ américain est prématuré. Selon lui, l’armée américaine devrait rester jusqu’en 2020, le pays n’étant à son avis pas prêt à assurer sa sécurité intérieure avant cette date. C’est la première fois qu’un pays militairement occupé par les Etats-Unis demande le maintien de la présence militaire américaine sur son sol. Mais l’Irak reste un pays divisé politiquement : les élections législatives d’il y a cinq moins n’ont pas permis de former une majorité qui pourrait correctement gouverner, et les violences ont doublé d’intensité entre juin et juillet.

Le retrait américain d’Irak était une promesse électorale de B. Obama. Aujourd’hui, ce retrait est en cours, mais il n’est pas encore total. Même après 2011, des dizaines de GI américains devront rester en Irak pour enseigner l’utilisation des équipements militaires vendus à l’armée irakienne. Obama peut être salué pour ce retrait, dont la dimension économique n’est sans doute pas absente de ses préoccupations. Mais qu’en sera-t-il si l’Irak voit sa situation se dégrader encore davantage ? Le président américain devra alors répondre de ses actes.

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