Violences en Afghanistan : les élections législatives perturbées

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Hier ont eu lieu des élections en Afghanistan. Le peuple était appelé à élire 249 députés parmi près de 2500 candidats. Et bien évidemment, comme toujours, les talibans en ont profité pour multiplier les violences et attentats. Ceux-ci sont en très légère augmentation par rapport aux élections antérieures. Cependant, il est à noter un point positif : le nombre de morts, au moins une vingtaine, marque quant à lui un recul. En 2009, 57 décès avaient été dénombrés.

Plus qu’un geste symbolique, perpétrer un attentat est, pour un taliban, le moyen de montrer son désaccord avec des élections jugées illégitimes car organisées par des organisations internationales, autrement dit des étrangers. Les bureaux de vote ont notamment été visés, et beaucoup d’entre eux, environ 1500, ont d’ailleurs été fermés par la commission électorale tant les craintes d’attentats étaient grandes. De telles violences ont, en outre, un effet défavorable sur le taux de participation : sur les 10,5 millions d’Afghans appelés aux urnes, environ 40% auraient voté. Mais cela représente tout de même près de dix points de plus que pendant l’élection présidentielle de 2009.

Par ailleurs, un autre gros point noir de cette élection réside dans les probables irrégularités. Les organisations sur place mentionnent de multiples intimidations, des retards d’ouverture pour certains bureaux de poste, parfois un manque de bulletins, et même des bourrages d’urnes… Par conséquent, l’annonce des résultats ne pourra être faite avant plusieurs semaines. Officiellement, elle devrait d’ailleurs avoir lieu le 31 octobre, c’est-à-dire dans six semaines. En attendant, les plaintes pour fraudes se multiplient, ce qui retardera là-encore le résultat final du scrutin.

Mais le résultat de ces élections législatives ne devrait pas provoquer de grands changements. A la tête du pays, c’est bien Hamid Karzaï qui dirige l’Etat afghan depuis son élection entachée de fraudes l’an dernier. Aujourd’hui, de nombreux afghans refusent d’aller voter, considérant les instances politiques comme corrompues tout en estimant que leurs membres ne s’occupent que d’eux-mêmes. Le chantier politique en Afghanistan est immense. Il s’agit à la fois de restaurer la confiance des électeurs, tout en les protégeant des actes terroristes, sans oublier de lutter contre les fléaux que sont la corruption ou le népotisme. Tout reste donc à faire…

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