L’Allemagne, le problème de l’Europe ?

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Alors qu’on critique l’Europe pour sa relative lenteur pour résoudre ses problèmes économiques, on blâme également l’Allemagne qui souhaite passer à la vitesse supérieure. Le pays le plus peuplé de l’Union est un modèle à suivre pour les pays du Sud, selon ses plus fervents soutiens. Vraiment ?

Pour les non-européens, la perduration du marasme économique étonne. L’Europe sait ce qu’elle doit faire (enfin pense savoir, ce qui est un autre débat…), mais sans passer à l’action. Quels sont ses freins ? Faire passer la dure pilule de l’austérité à ses citoyens ? Probablement, lorsque celle-ci est appliquée seule et cautionne fortement la réélection (seul objectif de nos gouvernants, soit dit en passant) aux prochaines élections.

L’indécision actuelle provient de la nature-même de l’Europe. Une Union fabriquée de toutes pièces, autour d’une monnaie censée favoriser la croissance de l’Union (ce qui a été le cas !) mais dont on a poussé le développement trop fort, sans penser à ses défauts criants. Mais le pire provient probablement de l’absence de tête au sommet de l’Europe. Sans leadership (et on ne parle même pas de domination ou d’hégémonie !), difficile de proposer une sortie de crise viable.

Depuis le début, l’Allemagne est pensée comme la seule apte à mener le bateau Europe fonçant droit vers l’iceberg. Personne n’a remis en cause cette position, tout juste ceux à qui l’Allemagne a conseillé de faire ceci ou cela ont rechigné au début, avant de prestement appliquer les ordres. Quand le ministre des affaires étrangères polonais s’écrie, l’an dernier, qu’il a « plus peur de la puissance allemande que de son inactivité », on comprend que l’Europe est loin d’être sortie de l’auberge…

Merkel, ange ou démon ?

Il ne fait pas peu dire que la reconnaissance d’une Europe à (au moins) deux vitesses changerait pas mal de choses. Le dessin peut être fait dès lors que l’on observe les soutiens et opposants à Merkel : les « rares » à voir leur PIB encore croître approuvent son intransigeance, les autres blâment son austérité draconienne. On blâme ses qualités économiques, mais quid d’un éventuel charisme politique ? Aucun, notamment depuis le départ de N. Sarkozy, son pendant économique français.

Mais l’Allemagne ne jouera jamais ce rôle de leader européen. Premièrement, par son histoire récente. Deuxio, car elle ne le veut pas. Ou pas seule. Etre accompagnée de la France peut être utile diplomatiquement, mais économiquement, la France n’est plus le modèle à suivre. Ses confrères scandinaves se portent bien économiquement, mais, pour eux, la seule Europe viable se ferait sans les pays au sud de la ligne Paris-Varsovie.

Au final, la crise ne se résoudra pas à 28 (ou à 17). Elle nécessite un leadership de quelques membres, représentant des différents niveaux de développement européens. Un artéfact capable de montrer aux marchés financiers (devenus plus importants à convaincre que les citoyens européens, malheureusement) que l’initiative européenne (bien qu’allée beaucoup trop loin par certains aspects, et pas assez dans l’autre) n’est pas vouée à l’échec…

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