La City de la peur : défiance de l’Angleterre face au projet d’union bancaire européenne

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Depuis le 18 octobre dernier les européens sont entrés dans le dur des négociations devant mener à la création d’une union bancaire européenne, garante de la solidité des établissements européens et du fonctionnement du MES le système d’aide de la BCE. Mais Londres voit d’autant plus mal l’intrusion du continent dans ses affaires qu’elles ne sont pas forcément propres.

Depuis la mi-octobre la France et l’Allemagne sont enfin parvenues à s’entendre sur la définition et les dimensions de l’union bancaire européenne. Le terme exact est un « accord » sur une « mise en œuvre graduelle en 2013 » d’un superviseur unique des banques de la zone euro. Conformément aux exigences allemandes, le plan sera mis en place progressivement. La France a elle obtenu qu’il s’applique aux 6000 banques de la zone euro, donc y compris aux banques régionales allemandes (à partir de janvier 2014). Cette supervision a un but : autoriser l’intervention du récemment créé MES pour recapitaliser les banques.

Or le MES est placé sous l’autorité directe de la Banque Centrale Européenne. Et sur ce point, le Royaume-Uni ne veut pas entendre parler  d’une BCE puissante sur le secteur bancaire du continent qui pourrait lui imposer certaines règles de conduites financières. Et pourtant le secteur bancaire anglais pourrait bénéficier de telles règles alors que des scandales comme celui qui a fait s’écrouler le système d’indexation du Libor viennent d’éclater et ont révélé la fragilité du système. Le Royaume-Uni soutient malgré tout le projet pour un aspect : mettre les pays de la zone euro face à leurs responsabilités et accélérer une sortie de crise. Seulement le royaume souhaiterait voir le projet s’arrêter à cela.

Mais cette nouvelle union devrait faire la pluie et le beau temps sur la réglementation bancaire européenne en passant devant l’autorité de la EBA (qui exerçait jusqu’ici cette fonction). Un projet bien fâcheux quand on connaît l’importance de la City pour l’économie britannique et même en Europe (les réserves de la City représentent à elle-seules plus de la moitié de l’ensemble des marchés financiers européens). Face à cette menace le royaume se crispe et menace de bloquer toutes les négociations sur le sujet, trois semaines avant un sommet européen qui doit faire émerger les contours du projet.

Et la stratégie employée par la Grande Bretagne face au continent reste la même depuis des siècles : diviser pour mieux régner.

En effet, le Royaume-Uni a demandé que soient associés à cette union des pays extérieurs à la zone euro. Ainsi l’Angleterre accroît le nombre de participants au projet et donc le nombre de désaccords et complique la prise de décision. La BERD suit les britanniques dans leur initiatives en appuyant cette demande au nom d’une plus grande cohésion.

Reste à savoir si l’Angleterre pourra tenir sa position si elle se retrouve seule contre 17.

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