Obama au Moyen-Orient : Succès au-delà de la simple courtoisie.

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Alors que s’achève la première tournée à l’étranger d’Obama version 2012, on peut déjà mesurer quelques résultats probants qui auront un impact significatifs sur la dynamique d’ensemble de la région. Si on avait pu craindre une simple visite de courtoisie au départ, le président Obama peut estimer que les premiers résultats qui en sont issus la transforment en un succès dont la portée reste toutefois à pérenniser.

Dès son arrivée en Israël, Obama II avait souligné l’alliance éternelle existant entre Jérusalem et Washington. On a alors pu craindre une visite dont l’inutilité n’aurait pas été digne d’un prix Nobel de la Paix dans une région caractérisée par la fragilité continue des institutions politiques et toujours davantage déchirée par les conflits militaires.

Toutefois, le jour suivant, il a prononcé un discours plein d’espoir devant des étudiants israéliens, dans son style rhétorique caractéristique très puissant. Il y a, bien entendu, réaffirmé le soutien inaltérable des Etats-Unis à Israël et l’engagement des premiers à assurer la sécurité du second. En revanche, il a martelé la nécessité de pourparlers diplomatiques afin de parvenir à une solution pacifique à la résolution du conflit israélo-palestinien. Conscient de s’adresser à une jeunesse idéaliste et non à des politiciens désabusés par des années de conflit, il en a profité pour demander aux étudiants présents de se mettre dans la peau des palestiniens car la paix entre Israël et ses voisins ne peut plus être négociée uniquement avec des dirigeants autocratiques mais doit se faire entre les peuples, notamment à l’heure du Printemps Arabe.

S’il n’a évidemment pas parlé du gel de la colonisation comme condition sine qua non de la reprise du processus de paix, au grand regret du Président Abbas, il a néanmoins affirmé que « ni l’occupation ni l’expulsion » ne sauraient permettre l’établissement d’une Palestine « indépendante et viable», pourtant la seule manière pour Israël « d’exister et de prospérer en tant qu’Etat juif et démocratique ». S’il n’a pas confirmé les Etats-Unis dans leur rôle traditionnel de médiateur du processus de paix, il a réussi à lui insuffler un nouveau souffle en mettant les étudiants israéliens face à leurs responsabilités, en leur demandant de choisir leur propre futur, futur qui ne peut exclure les Palestiniens. Grâce à ce discours passionné, Obama a en tout cas redoré son image auprès du peuple et des médias israéliens.

LE véritable succès de cette tournée : la fin de la brouille entre Jérusalem et Ankara

Il reste cependant à voir le discours d’Obama se traduire en actes concernant un processus de paix initié par les peuples, pour les peuples. Mais la première avancée concrète obtenue par la visite d’Obama est la réconciliation israélo-turque après les dernières années difficiles marquées notamment par l’expulsion de l’ambassadeur israélien à Ankara faisant suite à l’attaque du Mavi Marmara, navire ayant tenté de forcer le blocus d’Israël autour de Gaza en 2009, par des soldats de Tsahal causant la mort de 9 ressortissants turcs. La reprise de relations diplomatiques approfondies entre les deux grandes puissances de la région ne peut qu’être de bon augure pour la stabilité de la région. En effet, si Erdogan et Netanyahou parviennent à retrouver une certaine complicité, il sera alors plus facile de trouver des solutions créatives et pérennes aux difficultés de la région, tout en permettant aux Etats-Unis de ne pas s’engager de manière systématique. Donc oui, cette première tournée d’Obama en Israël est un véritable succès politique, pas une simple visite de courtoisie.

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