Les deux nouveaux hommes forts libyens

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Le Président Sarkozy et le Premier Ministre Cameron ont scellé aujourd’hui le début du post-kadhafisme, au cours d’un discours conjoint avec le Président du Conseil National de Transition, Moustapha Abdeljalil. A moins que le grand homme fort cette phase ne soit le nouveau commandant du conseil militaire de Tripoli, Abdelhakim Belhadj…

C’est l’heure de l’autocongrulation pour les Libyens et les forces étrangères qui ont aidé à la chute du colonel Kadhafi. La popularité de Messieurs Sarkozy et Cameron, notamment à l’Est du pays, dépasse de très loin celle que ceux-ci peuvent avoir dans leur propre pays. La reconstruction, la réanimation du pays passera par leur aide, c’est une évidence, mais seul un CNT fort permettra à la Libye de sortir plus vite de l’état de chaos actuel.

Le Président du CNT, M. Abdeljalil, est perçu comme un modéré rejetant toute forme d’extrémisme pouvant mettre à mal l’avenir du pays. Néanmoins, la nouvelle Libye devra, selon lui, être fondée sur les principes constitutifs de la charia. Voilà qui en dit long sur la rélele volonté du nouvel homme fort libyen : une Libye islamique, rejetant toute forme de colonisation ou pro-occidentalisme. Une perspective très éloignée des discours enflammés du président et du Premier Ministre du CNT, louant l’efficacité déterminante des interventions des armées étrangères auprès des rebelles. D’où la question suivante : qui aura raison au final ? Le CNT ou l’influence franco-britannico-américaine ?

Abdelhakim Belhadj, ancien allié de Ben Laden, reconverti chef militaire de Tripoli…

Cependant, l’homme qui inquiète les Occidentaux n’est pas le président du CNT, mais bien chef militaire de la capitale. Il s’agit d’Abdelhakim Belhadj. Ancien allié des Américains face aux Soviétiques en Afghanistan, on le retrouve en 2004, torturé par ces mêmes Américains pour être accusé d’avoir aidé Oussama Ben Laden en Afpak et en Irak. Il est l’un des hommes forts du GICL, le Groupe Islamiste Combattant en Libye, qui a cherché maintes fois à tuer Kadhafi, durant les années 1990. Son arrivée, à bord d’un avion de l’OTAN en provenance du Qatar en mars dernier, pourrait faire croire qu’il a abandonné son combat extrémiste pour rejoindre les mouvements rebelles. Mais beaucoup le soupçonnent de vouloir saper l’influence du CNT, aidé de combattants d’Al-Qaïda, invisibles parmi les forces rebelles ayant destitué Kadhafi.

Une nouvelle guerre des chefs n’est donc pas à écarter en Libye. Il est évident que l’Occident aura son mot à dire dans le tracé de cette nouvelle Libye. Sauf si l’alliance des contraires entre le CNT et M. Belhadj ne se fasse plus tôt que prévu…

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