Les reaganomics ou politiques économiques de l’ère Reagan - Les Yeux du Monde

Les reaganomics ou politiques économiques de l’ère Reagan

Ronald Reagan : « L’Etat n’est pas la solution à nos problèmes. Il est le problème lui-même. »
Ronald Reagan : « L’Etat n’est pas la solution à nos problèmes. Il est le problème lui-même. »

En 1980, Ronald Reagan est élu Président des Etats-Unis face au candidat sortant, Jimmy Carter. Réélu en 1984, ses mandats sont marqués par une politique économique encouragée par l’économiste Friedman et s’appuyant sur Volcker, à la tête de la FED depuis Carter.

Dès 1980, les Etats-Unis mènent une politique monétariste : les taux d’intérêt dépassent les 20%, provoquant une désinflation notable. Mais à l’heure du deuxième choc pétrolier, cela plonge le pays dans une sévère récession. Si le coût du crédit s’envole et que la production chute, l’inflation est ramenée à seulement 3,2% en 1983. Le souci premier de l’administration de Reagan est d’aider ceux qui sont du côté de l’offre, les « supply siders », d’où la présentation du Program for Economic Recovery dès 1981. De plus, avec le Recovery Tax Act (1981) et la Tax Reform Act (1986), les impôts sont revus à la baisse et le nombre de tranches réduit à trois. Laffer, économiste libéral diplomé de Standford, en Californie, a pu influencer Reagan, anciennement acteur à Hollywood, en démontrant que « trop d’impôts tue l’impôt ».

Comme dans le cas du thatchérisme, le reaganisme s’associe d’un processus de libéralisation, comme l’illustre le Motor Carrier Act, en 1981. Le Welfare State et le rôle de l’Etat sont peu à peu remis en cause. Cette politique peut être synonyme de succès étant donné ses résultats, puisque les Etats-Unis connaissent une croissance vigoureuse, dépassant les 5% en 1984. Le taux de chômage passe même en-dessous des 6% puisque 16 millions d’emplois sont créés durant les années Reagan. Cependant, les classes pauvres ont pâti de ces politiques qui profitent aux classes aisées.

Pourtant, et de façon paradoxale, cette reprise semble davantage liée à une reprise de type militaro-keynésien. En effet, dans les années 1980, on assiste à une reprise de la Guerre Froide : la guerre fraiche. Reagan relance la course à l’armement avec son programme « America is back », ce qui est à l’origine des missiles Pershing et du projet Initiative de Défense Stratégique (IDS). En 1988, avec plus de 400 milliards de dollars de dépenses, la Défense représente 7% du PIB américain. Tout ceci redynamise l’économie américaine, mais aboutit aux « twin deficits » ou déficits jumeaux. Ainsi, alors que Reagan voulait équilibrer les comptes lors de son élection, le déficit budgétaire triple entre 1980 et 1986 tandis que le déficit commercial s’envole à plus de 150 milliards de dollars en 1987.

Le reaganisme est à rapprocher du thatchérisme en tant que politique néolibérale. Après Reagan, George Bush père adhère au reaganisme tant sur le plan politique qu’économique et se refusera à augmenter les impôts, malgré son programme politique initial.

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