L’Agence Française de Développement (AFD)

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l'AFD centralise depuis presque 20 ans l'aide au développement française
l’AFD centralise depuis presque 20 ans l’aide au développement française

En 2012, l’OCDE classait la France cinquième pays donateur en matière d’aide publique au développement (APD), avec un montant total de 11,38 milliards de dollars. Dans l’ordre, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Japon la précédaient. L’aide au développement est l’outil principal mis en œuvre par les Etats pour atteindre les Objectifs du millénaire, définis en septembre 2000 à New-York, mais elle n’en demeure pas mois un outil d’influence permettant de nouer de manière durable des relations de confiance avec les régions ciblées.

Depuis 2013, c’est le comité interministériel pour la coopération et le développement international (CICID) qui est chargé de définir les grandes lignes de l’aide au développement française, qui se déploie sur trois échelles différentes : aide bilatérale (65%), aide dans le cadre de l’Union Européenne (19%), et aide multilatérale (16%). L’essentiel de l’action française demeure cependant concentré au sein de l’Agence française de développement (AFD) qui depuis 1998 et l’intégration du Ministère de la coopération au sein du MAE centralise l’action bilatérale française. Dotée du double statut d’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) et d’institution financière, elle est autant une banque de développement qu’un organisme de planification et coordination des divers projets qui se donne pour objectif de lutter contre la pauvreté, à travers une politique globale et cohérente.

Pour ce faire, elle dispose d’une palette d’outils variée (subventions, prêts, garanties, contrats de désendettement, prises de participations…) permettant de répondre aux besoins divers des pays concernés. L’APD finance et planifie aussi bien des projets d’infrastructures urbaines, de construction d’école ou d’hôpitaux que des actions de consolidation des secteurs bancaires ou en faveur des énergies renouvelables. Recoupée avec les zones géographiques au sein desquelles elle se déploie, cette diversité d’actions souligne l’adaptation aux besoins spécifiques de chacun des continents. En 2013, les financements asiatiques concernaient ainsi le secteur énergétique à hauteur de 27% pour 1% consacré à l’éducation. A l’inverse, en Amérique latine, 3% des financements étaient destinés à l’énergie contre 28% à l’éducation et à la santé. L’AFD, dans une logique d’efficacité, se révèle donc sensibles aux contextes régionaux : en Afrique, le défi premier demeure celui de créer un véritable tissu industriel et entrepreneurial, appuyé par un solide secteur bancaire. Inversement, en Amérique latine, où l’aide se concentre au Mexique, au Brésil ou en Colombie, cette première étape est relativement bien avancée et l’enjeu majeur est désormais celui d’une éducation et d’un système de santé plus performants et moins inégalitaires.

Si du fait de liens historiques l’action française demeure très liée aux pays africains – seuls ces derniers bénéficient de l’outil d’allègement de dette bilatérale (C2D) – les vingt dernières années ont été l’occasion d’une réorientation et d’un élargissement des objectifs de l’aide au développement (cf intégration du Ministère de la coopération au sein du MAE), notamment en direction des pays émergents. Toujours pour des raisons de lutte contre la pauvreté dans des pays qui demeurent très inégalitaires, mais aussi et surtout car les émergents sont en fait déjà de grands acteurs tant politique qu’économique, sur des sujets d’ampleur mondiale (désarmement, lutte contre le réchauffement climatique, lutte contre le terrorisme, fonctionnement des organes multilatéraux…). Dans ce contexte, l’AFD vise à nouer une relation bilatérale forte qui amène à un dialogue politique constant et qui, centrée sur le développement, puisse ensuite s’élargir à l’ensemble des grands sujets diplomatiques.

Comme l’explique Anne-Laure Ullman dans L’Atlas de l’influence française, l’AFD est désormais aussi bien considérée comme un agence de développement que comme une banque d’influence. De quasi-outil de politique interne à destination de l’Outre-mer et des colonies/ex-colonies, l’AFD est donc aujourd’hui devenue un acteur à part entière de la diplomatie française, caractérisé par son attachement au multilatéralisme et à la coopération avec le secteur privé.

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