Qu’est-ce que la sécurité alimentaire ?

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Créé en 1974 le Comité de Sécurité Alimentaire mondiale oeuvre pour la coordination des politiques agricoles et de lutte contre l'insécurité alimentaire
Créé en 1974, le Comité de Sécurité Alimentaire mondiale œuvre pour la coordination des politiques agricoles et de lutte contre l’insécurité alimentaire

En juin 2014, l’Union africaine a ratifié, dans le cadre de l’année de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, la déclaration de Malabo. Son objectif est de réduire de moitié la pauvreté sur le continent d’ici 2025 en faisant de l’agriculture un moteur de développement. Cette déclaration repose ainsi sur l’idée que la sécurité alimentaire constitue une base de développement économique et sociale.

Telle que définie par le Comité de la Sécurité Alimentaire mondiale elle existe lorsque « tous les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. ». Elle repose en ce sens sur quatre piliers : l’accessibilité, la disponibilité, la qualité et la stabilité, du pouvoir d’achat notamment. Si selon le Rapport Ziegler (2003) il serait possible, en l’état actuel des techniques agricoles et de la disponibilité des terres, de nourrir 12 milliards de personnes, près de 840 millions de personnes sont actuellement en état de malnutrition chronique selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (Food and Agriculture Organization – FAO). La permanence des crises alimentaires à l’image de celle de 2006-2007 mais aussi la diversification de l’usage des terres et leur accaparement dans le cadre d’une « globalisation foncière » font ainsi peser de nouvelles incertitudes sur la sécurité alimentaire mondiale. Aussi, tandis qu’elle concerne essentiellement la question de la quantité pour les pays en développement, elle est vue d’un point de vue qualitatif dans les pays développés. Ainsi l’Union européenne devrait adopter en 2016 un paquet « hygiène » comprenant diverses dispositions réglementaires relatives à la sécurité sanitaire des aliments. Cette approche différenciée de la question illustre l’un des enjeux géopolitiques de cette notion.

Entre concertation mondiale et solutions locales, la sécurité alimentaire demeure un problème politique

Dès les années 1970, la gouvernance de la sécurité alimentaire est assurée par un organisme intergouvernemental, le Comité sur la Sécurité Alimentaire mondiale intégré au système des Nations Unies. Ce forum de coordination des politiques agricoles et alimentaires mondiales a été réformé en 2009 afin de mieux répondre aux problèmes de la sécurité alimentaire et de la nutrition. Concrètement, cette plateforme multipartite rassemblant des acteurs variés (organismes internationaux, ONG, organisations professionnelles dans le domaine agricole et piscicole) permet de fixer des orientations sur les actions à mener dans les domaines afférant à la sécurité alimentaire (régimes fonciers, investissement dans l’agriculture, volatilité des prix agricoles, changement climatique etc.). Il est néanmoins de plus en plus concurrencé par d’autres espaces de concertation internationaux (G8, G20, Rio+20, organisations régionales). Aussi, des solutions concrètes plus proches du terrain rassemblant acteurs publics et privés se développent à l’image du fonds Livelihood pour l’agriculture familiale ou de la plateforme Agricultural Market Information System lancée par le G20 visant à assurer une meilleure harmonisation du marché agricole et réduire la vulnérabilité des producteurs. Loin des grands projets du type des révolutions vertes, ces approches visent à permettre une sécurité alimentaire grâce à un appui structurel plus fin. Il n’en reste pas moins que les famines et la question des famines et des crises alimentaires, si elle peut être résolue par une approche de ses déterminants techniques son aspect politique ne peut être évacué. Le cas de la Corne de l’Afrique illustre le poids des enjeux politiques internes sur la sécurité alimentaire. En 2011, par exemple de nombreux experts s’inquiétaient d’une crise alimentaire dans la corne de l’Afrique or cette dernière n’était pas uniquement liée au contexte climatique de la zone mais surtout au morcellement politique du pays et à la montée en puissance des milices al-Shabbaab qui ont déstructuré les stratégies internes des agriculteurs comme le système de transhumance qui permettait de limiter l’impact de la sécheresse sur la production et l’élevage. Ainsi, si selon la FAO, la faim dans le monde a reculé de 17% depuis les années 1990, le développement d’Etats faillis et de groupes terroristes variés, notamment dans les pays en développement, pourrait conduite à de nouvelles tensions sur la sécurité alimentaire.

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