Home / Un peu d'histoire / Analyses / L’Espagne des années 1990 : l’arrivée au pouvoir de la droite et la mise en place de l’Euro

L’Espagne des années 1990 : l’arrivée au pouvoir de la droite et la mise en place de l’Euro

 

Lire les articles précédents :
L’Espagne des années 1970 : entre crise économique et transition politique
L’Espagne des années 1980 : « la décennie du changement »

José Maria Aznar, leader du PP lors de son arrivée au pouvoir en 1996
José Maria Aznar, leader du PP lors de son arrivée au pouvoir en 1996

Malgré un ralentissement de la croissance espagnole en 1991, l’Espagne connut une médiatisation importante en 1992 : cette année-là, Séville accueillit l’exposition universelle, Barcelone les Jeux Olympiques, et Madrid fut désignée capitale européenne de la culture. Mais ce triomphe fit peu à peu place à un scepticisme de plus en plus important débouchant en 1994 sur une crise de confiance envers l’économie espagnole, d’autant qu’une crise mondiale se faisait sentir à l’étranger. Ainsi, le déficit et la dette publics augmentèrent fortement entre 1990 et 1994. Et dès 1992, la croissance ralentit à seulement 0,7% (avant d’être négative en 1993), l’inflation et le chômage augmentèrent, alors la consommation baissa ainsi que le pouvoir d’achat du fait de hausses d’impôts.

Felipe Gonzalez remporta une quatrième victoire de rang lors des élections de 1993, malgré un chômage record à plus de 24%, mais cette fois sans majorité. La priorité fut donnée à l’emploi avec une réforme majeur du marché de l’emploi dès 1993. Une reprise se fit sentir à partir de 1994, tirée notamment de la reprise économique en Europe. Mais le PSOE commença à être sanctionné dès les élections européennes de 1994, perdant face au Parti Populaire (PP) de centre-droit.

En 1995, le PSOE prit des mesures économiques de rigueur afin de réduire les déficits, augmentant notamment les taux d’intérêt et la TVA, mettant à mal la consommation et la croissance espagnoles. Malgré cela, le chômage resta élevé, et l’Espagne restait loin des objectifs fixés par Maastricht pour 1997 : en 1995, le déficit public atteignant 6,5% du PIB, bien au-dessus de l’objectif des 3%. Le gouvernement poursuivit également sa politique de privatisation et de libéralisation économique, mais fut encore battu dans les urnes : le Parti Populaire (PP) de José Maria Aznar remporta en effet les élections municipales et régionales en 1995, puis prit le pouvoir lors des élections de 1996 après 14 ans de gouvernements socialistes.

Le PP se fixa rapidement comme objectif de rejoindre l’Union Economique et Monétaire (UEM) et participer au lancement de l’Euro. Pour cela, Madrid dut remplir les conditions établies à Maastricht : le gouvernement devait donc rapidement réduire le déficit budgétaire, la dette publique et l’inflation. Afin de réduire le déficit budgétaire, le gouvernement accéléra le processus de privatisations. Les dévaluations successives de la Peseta entre 1995 et 1998 permirent de relancer les exportations. Les résultats furent fructueux : en 1998, si la dette publique dépassait encore légèrement les 60% du PIB, le déficit budgétaire fut ramené à moins de 3%, le chômage fut réduit à moins de 20% et l’inflation à moins de 2%. Ainsi, en 1999, l’Euro put devenir la monnaie officielle de l’Espagne, et le PP fut reconduit au pouvoir suite aux élections de 2000.

Lire l’article suivant :
L’Espagne des années 2000 : forte croissance, puis crise sans précédent

About Charles LARUE

Charles LARUE est créateur du site les-yeux-du-monde.fr, ouvert en mai 2010, et président de l’association Les Yeux du Monde, créée en juin 2011.

Check Also

Le long crépuscule du Maroc français au XXe siècle

 Admiratif et nostalgique d’un pays dont il fut Résident Général comme en témoigne la salle …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.